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PortraitsANA-MARI GRENIE

L’euskara roule sur les pistes cyclables

Aña-Mari Grenié (Biarritz, 1954) est arrivée à vélo en zigzaguant entre les touristes, jusqu’à la plage du Vieux Port. Cette biarrote connaît tous les recoins et les histoires de sa ville sur le bout des doigts. Elle est d’ailleurs une interlocutrice en or pour témoigner les évolutions, positives et négatives des dernières années.

Euskaraz irakurri

22 Octobre 2021 | ± 07min 44s

Depuis que tu as pris la retraite, il est encore plus difficile de fixer un rendez-vous avec toi… Que fait Aña-Mari de ses journées?

La première chose, et la plus importante, c’est que je m’occupe de mes petits neveux. Je passe de très bons moments, ils ont 8 et 3 ans. A une époque j’ai eu envie d’être professeure des écoles, alors je comble un peu ce rêve. Ensuite, je suis militante basque depuis longtemps et ça prend aussi du temps. Je participe à beaucoup d’actions en faveur des prisonniers, c’est très important pour moi.

Je milite aussi en faveur de l’euskara, je suis co-présidente de Mintzalasai et c’est un grand plaisir pour moi de travailler avec toute l’équipe.

En plus, ils me donnent pas beaucoup de travail et ils aiment les idées à moitié folles que je propose dans les réunions, alors tant mieux! Il faut savoir que Mintzalasai a été créé pour développer l’usage de l’euskara dans les villes. J’ai aussi donné des cours à AEK à Biarritz et avant la création d’AEK, je donnais des cours d’euskara au gaztetxe, et à la Mairie, de manière semi-clandestine, à l’époque du mandat de Bernard Marie. Je me rends compte que depuis, beaucoup de choses ont changé.

Comment as-tu appris l’euskara?

Inconsciemment, j’ai toujours eu l’euskara près de moi. Dans ma famille, on chantait souvent en basque, mais sans aller plus loin.

Mon père était né à Bordeaux mais est arrivé à Biarritz quand il était petit. Il était connu dans la ville, sportif et chef de cœur de la paroisse. La famille de ma mère est arrivée à Biarritz il y a très longtemps. J’ai toujours aimé les langues et quand j’étais au lycée Villa Pia, ils ont commencé à proposer des cours d’euskara. Quand j’en ai parlé à mon père, il s’en est réjoui. Même si ma famille a des racines basques, jusqu’à mes 17 ans, en habitant à Biarritz,je ne me rendais même pas compte que j’étais au Pays Basque. C’est à cet âge-là que j’ai su qu’une de mes grand-mères parlait basque, sans aucune gêne. A l’époque, personne ne parlait en euskara. Alors, à 17 ans, j’ai pris conscience de ma proximité avec cette langue.

En même temps, il y a eu beaucoup de turbulences au niveau politique et j’ai découvert un autre visage du Pays Basque, la réalité du Pays Basque sud, etc.

Ton parcours professionnel est très lié à Biarritz.

Oui, là aussi je ne peux pas nier que je suis une vraie biarrote. J’ai travaillé à la Mairie de Biarritz pendant 41 ans. J’ai commencé comme inspectrice d’hygiène et je me souviens que j’avais eu quelques problèmes avec le Maire Bernard Marie, car j’étais abertzale.

Ensuite, en 1991 il y eu une petit révolution aux municipales de Biarritz quand Borotra a été élu avec le soutien des abertzale. Avec Jakes Abeberry, ce mandat a ravivé l’euskara et la culture basque. Une nouvelle Ikastola a été construite, AEK a eu de nouveaux locaux, la Ville a accompagné la crèche bascophone et il y a eu beaucoup de changements. L’euskara a accédé à de nouveaux endroits et beaucoup de choses ont bougé. A cette époque, j’ai pu travailler pendant 18 ans avec Jakes Abeberry, un homme à grand caractère.

Puis, j’ai passé 10 ans à la médiathèque, je me suis occupée du fonds basque pour adultes jusqu’à ma retraite.

Quel est ton endroit préféré pour parler en euskara à Biarritz?

Cette question me fait mal au cœur car j’ai connu beaucoup d’endroits où on parlait tranquillement en euskara à Biarritz, mais j’ai vu beaucoup de ces endroits fermer. Notre ville est en train de changer, et il y a très peu d’endroits comme ça. Je dirais le bar du Polo ou le local de l’association Oldarra.

Quelque chose que tu détestes?

Je n’aime pas les gens qui sont trop sûrs d’eux, les gens qui ne se remettent pas en question. En ce moment, par exemple au sujet du vaccin, on entend beaucoup de gens très sûrs d’eux, sans connaître le sujet. Je ne supporte pas celles et ceux qui parlent avec trop d’affirmation, il faut écouter et respecter les autres.

Quelque chose que tu aimes?

J’aime les sourires des gens et les gens honnêtes. Tout le monde se trompe, mais si on avoue notre erreur, il y a toujours une solution.

Quelle serait le pays de l’euskara de tes rêves?

Un pays dans lequel je pourrais parler en euskara en tout liberté, tout en respectant les autres. C’est un droit, pas un manque de respect.

Ce serait un pays souverain sans prisonniers car nous sommes toujours en train de prier devant les dirigeants français. Je voudrais que les terres appartiennent à ceux et celles qui les cultivent. En ce moment, il y a un mouvement d’occupation à Arbonne pour que ces terres restent agricoles. C’est un sujet très important pour moi. En ce moment, les prix de vente de maisons et de terres sont incroyables et bientôt tout sera dans les mains de riches. Si nous ne restons pas vigilants, nous serons étrangers dans notre propre pays.


La musique m’a conduit à l’euskara

Portraits

La musique m’a conduit à l’euskara

Nous avons trouvé le groupe Willis Drummond à Lekorne, entre les fortes vibrations que procure la musique en direct. Après leur répétition et avant leur concert, le chanteur Jurgi Ekiza (Bayonne, août 1980) a accepté de répondre à nos questions, devant la buvette prévue pour la soirée.

Des deux côtés de l’objectif

Portraits

Des deux côtés de l’objectif

C’est sur le vieil ordinateur de son père que Lukas a édité ses premières vidéos quand il était au collège. Depuis, il a toujours gardé un lien avec l’image et Lukas Hiriart (Bayonne, 1998) n’a pas eu de problème à passer d’un côté à l’autre de l’objectif. Il a récemment créé le média BADA avec ses amis, afin de proposer des actualités en euskara sur les réseaux sociaux.

Mikel Amilibia : le couteau suisse

Portraits

Mikel Amilibia : le couteau suisse

Vous verrez souvent Mikel Amilibia (Baiona, 1983) dans des fêtes ou sur les terrains de rugby, en famille ou entre amis. Ce père de famille d’Arrangoitze nous a parlé de ses passions et de son travail sur les tribunes d’Aguilera.

La musique, vecteur d’émotions et de langues

Portraits

La musique, vecteur d’émotions et de langues

Dans la grande famille des artistes basques, nous retrouvons le nom Robles Aranguis écrit en rouge et en grand. Naia Robles (1968 Baiona) a grandi entourée de musiciens et de chanteurs et est souvent montée sur scène accompagnée de sa famille. Nous nous sommes retrouvés dans le jardin botanique de Baiona pour parler de transmission, de musique et d’amour.

L’euskara, le meilleur des chocolats

Portraits

L’euskara, le meilleur des chocolats

Il y a quelques années, le chocolatier Florian Benac (Bègles, 1985) ne connaissait rien sur le chocolat, ni sur l’euskara, ni sur la chocolaterie Cazenave dans laquelle il travaille aujourd’hui. Par amour, il est arrivé en Labourd en 2014 et il est vite devenu le plus doux des chocolatiers. Il nous a proposé une visite guidée à l’odeur chocolatée dans le laboratoire de Bayonne.

Dans l'arc-en-ciel des langues, l’euskara est ma couleur

Portraits

Dans l'arc-en-ciel des langues, l’euskara est ma couleur

Ana Imaz (1996, Donibane Lohizune) nous a donné rendez-vous au numéro 6bis de l’avenue Jouandin de Bayonne Nord. Son joli défi, en travaillant dans l’association Libreplume, est de partager l’envie de lire avec les enfants, les jeunes et les familles du quartier.

Zigor:

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Zigor: "Je suis le fils d’une langue qui a fait un peuple"

Après avoir inauguré son expo, l’artiste Zigor (Aretxabaleta, 1947) nous a accueillis à la porte de la merveilleuse salle Bellevue de Biarritz. Au milieu des œuvres de son exposition EGU ITURRIA, il a pris un moment pour répondre à nos questions, comme dans un voyage poétique.

Conversation en basque

Conversation en basque

  • 01 Décembre | 18:30 | Bayonne

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