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PortraitsJURGI EKIZA

La musique m’a conduit à l’euskara

Nous avons trouvé le groupe Willis Drummond à Lekorne, entre les fortes vibrations que procure la musique en direct. Après leur répétition et avant leur concert, le chanteur Jurgi Ekiza (Bayonne, août 1980) a accepté de répondre à nos questions, devant la buvette prévue pour la soirée.

Euskaraz irakurri

19 Novembre 2021 | ± 11min 27s

Vous êtes en train de préparer le concert de ce soir à Lekorne. Signe que la situation s’améliore pour les artistes?

On dirait, en tout cas j’espère que la situation s’améliore. Nous avons eu la possibilité de jouer en format acoustique cette année, et le concert de ce soir sera le premier en format électrique depuis le début de la crise de la Covid. On est très contents. La musique est une affaire de résonance et certaines choses ne peuvent être ressenties qu’avec du volume ou de la force, et il n’y a que le rock qui peut faire ça.

La sensation est différente quand on joue en direct, c’est un autre plaisir que procure la musique.

Quelle est l’actualité artistique de Jurgi?

J’aime les nouvelles expériences et je fais des collaborations par-ci par-là qui vont d’ailleurs bientôt sortir. Avec Willis Drummond, nous avons enregistré le concert que nous avons adapté au format acoustique et il sera bientôt disponible. Puis, on recommence à jouer en format électrique et à travailler sur un nouvel album. Je chante aussi avec le groupe Era Batera et en solo; j’ai donné des concerts intimistes et maintenant je vais commencer à enregistrer mon deuxième album solo. Je ne sais pas encore quand il sortira et comment je le présenterai, je le déciderai selon le résultat final de l’album.

Comment t'est venue l'envie de devenir musicien?

J’ai ce rêve depuis que je suis petit, je voulais devenir Mickael Jackson. Plus tard, je me suis identifié à des groupes comme Nirvana qui, sans vraiment maîtriser la musique, étaient devenus référents. La scène du Pays Basque m’a aussi beaucoup influencé, surtout le groupe Negu Gorriak; je me suis rendu compte que la musique pouvait être un bon outil pour transmettre des idées et ce côté politique a éveillé mon intérêt.

Dans mon parcours personnel, je me suis toujours senti différent ou à part dans ce monde et je n’ai jamais réussi à m’imaginer en allant au travail tous les jours ou dans la routine de ce mode de vie. Dans mon groupe d’amis, nous avons toujours eu une vie assez alternative et quand nous avons commencé à jouer sérieusement, nous avons pensé que ce serait une bonne idée d’en vivre. Ça n’a pas été facile mais nous avons travaillé dur et nous avons réussi, c’est comme un rêve devenu réalité.

Qu’aimes-tu faire en dehors de la musique?

J’aime beaucoup de choses, comme je l’ai dit, j’aime les nouvelles expériences et faire des choses très différentes. Par exemple, j’ai essayé le surf il y a pas longtemps et en ce moment je suis souvent dans l’eau. Puis j’aime voyager, le cinéma, la montagne, les musées. J’aime changer d’activité et même si je pensais que c’était quelque chose de négatif, j’ai compris que ce n’est pas le cas, que c’est ma manière d’être et qu’il n’y a pas de problème. Après tout, j'essaie et j'apprends plus de choses que d'autres; et je sais que je ne deviendrai jamais le meilleur musicien ou le meilleur surfeur du monde, mais je l'assume sans problème. Mon objectif est de prendre du plaisir dans ce que je fais, pas de devenir le meilleur.

Sais-tu l’euskara depuis que tu es petit?

Ma mère parle l’euskara, mon père non, et je crois que j’avais prononcé mes premiers mots en euskara. Après j’ai fait ma maternelle à l’ikastola mais à partir de sept ans, je suis allé à l’école qui était près de chez nous à Bayonne, en français donc. Petit à petit, j’ai perdu l’euskara, j’ai tout oublié. A vrai dire, c’est grâce à la musique que je me suis intéressé à l’euskara. Quand j’ai commencé à faire de la musique, pour moi, c’était évident que je devais le faire en euskara; donc, je me suis inscrit à AEK et j’ai recommencé à apprendre, puis j’ai obtenu la licence et le master d’études basques. Malgré tout ça, je ne crois pas encore maîtriser la langue et parfois je me sens un peu comme un imposteur, parce que l’euskara ne m'est pas toujours naturel. Ça fait mal, mais c'est comme ça.

Dans ma famille l’euskara était en train de se perdre et maintenant, nous sommes tous bascophones donc nous avons eu raison je pense.

Pourrais-tu chanter dans une autre langue?

J’ai déjà fait des reprises dans d’autres langues, de Neil Young par exemple, mais je n’ai pas un très bon accent. Le plus naturel serait de chanter en français parce que c’est la langue que je maîtrise le plus, mais musicalement, je trouve ça très difficile de chanter en français… C’est difficile à comprendre mais pour moi, le plus naturel c’est de chanter en euskara. Après, il m’arrive de commencer à écrire en français et de traduire et d’adapter en euskara après. Peut-être que j’aimerais écrire en français, mais pour que quelqu’un d’autre chante.

Quel genre de musique écoutes-tu en bronzant à la plage?

Là aussi je dois assumer une autre contradiction, parce que même si les plateformes comme Spotify rémunèrent et traitent très mal les musiciens, en tant qu’auditeur je dois avouer que je les trouve très pratiques! En ce moment j’écoute beaucoup le phénomène Billie Eilish, mais aussi le rappeur Drake. Après j’ai aussi ma playlist de toujours, Nirvana, Rory Gallagher et plein d’autres. Puis j'essaie toujours de tendre une oreille aux nouveautés, surtout aux artistes d’ici. Je trouve que les paroles sont en train de reprendre de l’importance. Par contre, le rap est partout en ce moment et a beaucoup de force, je regrette qu’il y ait peu de rappeurs au Pays Basque. Les jeunes écoutent beaucoup de rap, surtout de la musique étrangère et l’euskara reste encore une fois à l’écart.

Quelque chose que tu détestes,que tu hais?

Je ne veux pas paraître un ange, mais je n’ai pas de haine en moi. J’ai de la colère bien-sûr, je m’énèrve parfois et c’est normal, il faut l’assumer mais je fais en sorte de transformer cette négativité en une leçon positive. Je n’ai pas de haine et je suis content de ne pas l'avoir.

Quelque chose que tu aimes?

J’aime beaucoup de choses, mais je me rends compte qu’il ne faut pas grand-chose pour être heureux. Sans m’attarder sur mes séances de méditation et de bien-être, je crois qu’il existe une sorte de connexion, s’attacher à son corps et à sa respiration et vivre vraiment le moment; j’essaie de trouver des choses positives à chaque moment. Ce n’est pas toujours facile et j’ai parfois des sentiments négatifs et tristes, mais j’ai de la chance car j’évacue les choses négatives grâce à la musique, ce qui me laisse beaucoup de place pour les bonnes choses.

Le projet de tes rêves?

Je trouve que les rêves sont bizarres, quand on est près de les réaliser on se rend compte qu’ils ne sont pas si incroyables. Mais je peux dire que j’ai réalisé beaucoup de mes rêves ces dernières années. Je vis de la musique et après avoir versé quelques larmes avec la musique de Pearl Jam dans le film Big Fish de Tim Burton, j’ai moi-même eu la chance de réaliser mon rêve de jouer le générique de la fin d’un film avec Willis Drummond dans le film "Ane". Donc je suis content!


L’euskara entre les biberons

Portraits

L’euskara entre les biberons

Après une reconversion professionnelle, Delphine Velasco (Saint-Jean-de-Luz, 1986) a approfondi sa connaissance de l’euskara pour pouvoir travailler à la crèche bascophone Ohakoa. Grâce à l'aide de ses collègues et à la douceur des enfants, cette fille de pêcheurs de Socoa est ravie dans la première crèche bascophone de Biarritz.

Des deux côtés de l’objectif

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Des deux côtés de l’objectif

C’est sur le vieil ordinateur de son père que Lukas a édité ses premières vidéos quand il était au collège. Depuis, il a toujours gardé un lien avec l’image et Lukas Hiriart (Bayonne, 1998) n’a pas eu de problème à passer d’un côté à l’autre de l’objectif. Il a récemment créé le média BADA avec ses amis, afin de proposer des actualités en euskara sur les réseaux sociaux.

L’euskara roule sur les pistes cyclables

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L’euskara roule sur les pistes cyclables

Aña-Mari Grenié (Biarritz, 1954) est arrivée à vélo en zigzaguant entre les touristes, jusqu’à la plage du Vieux Port. Cette biarrote connaît tous les recoins et les histoires de sa ville sur le bout des doigts. Elle est d’ailleurs une interlocutrice en or pour témoigner les évolutions, positives et négatives des dernières années.

Mikel Amilibia : le couteau suisse

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Mikel Amilibia : le couteau suisse

Vous verrez souvent Mikel Amilibia (Baiona, 1983) dans des fêtes ou sur les terrains de rugby, en famille ou entre amis. Ce père de famille d’Arrangoitze nous a parlé de ses passions et de son travail sur les tribunes d’Aguilera.

La musique, vecteur d’émotions et de langues

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La musique, vecteur d’émotions et de langues

Dans la grande famille des artistes basques, nous retrouvons le nom Robles Aranguis écrit en rouge et en grand. Naia Robles (1968 Baiona) a grandi entourée de musiciens et de chanteurs et est souvent montée sur scène accompagnée de sa famille. Nous nous sommes retrouvés dans le jardin botanique de Baiona pour parler de transmission, de musique et d’amour.

L’euskara, le meilleur des chocolats

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L’euskara, le meilleur des chocolats

Il y a quelques années, le chocolatier Florian Benac (Bègles, 1985) ne connaissait rien sur le chocolat, ni sur l’euskara, ni sur la chocolaterie Cazenave dans laquelle il travaille aujourd’hui. Par amour, il est arrivé en Labourd en 2014 et il est vite devenu le plus doux des chocolatiers. Il nous a proposé une visite guidée à l’odeur chocolatée dans le laboratoire de Bayonne.

Veillée pyjama

Veillée pyjama

  • 21 Janvier | 19:30 | Bayonne

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