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PortraitsPATXIKA ALFARO

La plus fidèle acheteuse de jambon des Aldudes au marché d’Anglet !

En quittant sa maison natale des Aldudes, Patxika Alfaro (1943, Aldudes) n’imaginait pas ce que la langue basque avait à lui offrir. L’euskaltzale d’Anglet nous a parlé d’un groupe d’amis extraordinaires, de son travail, des chants basques, de la famille et des expériences qu’elle a vécues.

Euskaraz irakurri

18 Mars 2022 | ± 11min 34s

Des Aldudes à Anglet, raconte-nous ton parcours.

Je suis née aux Aldudes et j’y ai vécu jusqu’à mes 18 ans. Ensuite je suis allée à Bayonne, pour travailler dans une association d’aide familiale. J’ai travaillé jusqu’à la naissance de mon premier enfant, puis j’ai arrêté un temps et j’ai repris 13 ans après, quand nos quatre enfants étaient grands. J’ai repris le même travail au même endroit et j’y suis restée jusqu’à il y a 22 ans, quand j’ai pris ma retraite. C’était un travail très intéressant qui m’a permis de rencontrer beaucoup de gens, surtout beaucoup de mamans. Par ailleurs, j’ai participé à beaucoup de batailles en faveur de l’euskara et du Pays Basque: à Seaska, Uda Leku, en chantant, etc.

Parles-tu euskara depuis que tu es petite?

Aux Aldudes, on parlait toujours en euskara jusqu’au début de notre scolarisation à 7 ans. Après, on habitait dans la rue principale et on jouait avec les enfants des gendarmes et des gardes qui ne parlaient pas basque, alors on communiquait en français.

Il faut savoir qu’à cette époque-là,le fait de parler français nous donnait l’impression d’être à un niveau supérieur et que l’euskara était une langue de seconde zone. J’ai pris conscience de tout cela et de ses dégâts plus tard. Inconsciemment, je donnais plus de valeur au fait de parler français et l’euskara m’était étrangère. Quand je me suis installée à Anglet, je parlais principalement le français.

Vers 1968, nous avons créé un groupe d’amis pour aller à la montagne avec Manex Pagola, Gexan Alfaro, les membres du groupe Guk… Et on parlait en euskara. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de l’importance de la langue. A la même période, on voyait beaucoup d’amis du Pays Basque Sud, du club Donostia, et quand j’ai entendu les chansons de Mixel Labeguerie, notamment le chant Gazteri berria, j’ai vraiment pris conscience de l’euskara et du Pays Basque.

En plus de monter aux sommets des montagnes, tu es aussi montée sur scène, motivée par tes amis?

Manex Pagola était un grand chanteur-compositeur, très important pour le monde de la musique. Il savait refléter l’ambiance de cette époque-là dansses chansons, et on se rend compte que 50 ans plus tard, on vit toujours les mêmes choses. On chantait beaucoup de chants anciens, mais aussi des nouveaux, surtout en descendant de la montagne, on allait dans un bar avec une guitare et on s’amusait beaucoup. C’était l’époque des kantaldi et Manex a eu envie d’organiser un kantaldi particulier. Grâce au projet qu’il a appelé Zazpiri bai, nous avons eu la chance de rencontrer les membres du groupe Ez Dok Amairu: Lurdes Iriondo, Xabier Lete, Benito Lertxundi. Du Pays Basque nord, il y avait Manex Pagola, Ugutz, Peio ta Pantxoa, Iñaki Urtizberea et moi-même. C’était incroyable, au kantaldi de Saint-Jean-Pied-de-Port, on a utilisé les jeux de lumières pour la première fois. A Bayonne aussi on a eu beaucoup de monde, on a dû laisser 300 personnes à l’extérieur, faute de place! Plus tard, il y avait eu le concert Ortziken, avec plein d’artistes d’Iparralde. Et je dois aussi dire, que c’est à ce moment-là que Françoise des Aldudes est devenue Patxika sur scène, et je continue à être Patxika. J’avais presque oublié tous ces souvenirs, mais je les ai remémorés grâce au livre Quand nous chantions sous Franco de Colette Larraburu.

Tu suis de près le parcours de ce livre.

Oui, Colette Larraburu est venue l'année dernière pour un entretien, car elle a fait parler les chanteurs de cette époque sur l'importance de ces chansons, au Nord comme au Sud. Le plus grand chanteur de l’époque était Mixel Labeguerie et il y a eu Manex Pagola, Etxamendi ta Larralde, le groupe Guk ou Pantxoa eta Peio…

Quand Colette est venue, je dois dire que j’avais oublié ces temps-là parce que j’ai participé à des tas de choses depuis: les Ikastola, Uda Leku, etc. Mais cet entretien a ressuscité les souvenirs et c’était beau. Il faut dire qu’à l’époque, très peu de femmes chantaient et c’est peut-être pour cela que Manex avait insisté pour que je chante, parce qu’il voulait entendre des femmes chanter. Il y a toutefois le parcours d’Eztitxu, Lurdes Iriondo ou Maite Idirin.

Lors des soirées de présentation de ce livre, j’ai été surprise de voir que nous revivons aujourd’hui certaines choses que nous vivions à l’époque. L’idée de Colette, c’est de rappeler à travers les chansons l’ambiance de l’époque, les luttes des paysans, les Ikastola… Et déclencher une prise de conscience.

Alfaro est un nom qui apparait souvent dans la presse.

Je ne sais pas si le nom est connu, je dirais juste que chaque membre de la famille a trouvé sa place dans laquelle il se sent bien… C’est vrai que la passion de notre fils Amaiur pour le monde de la mer nous a surpris au début car nous sommes plutôt de la montagne. Depuis qu’il est tout jeune il a montré un grand intérêt pour le monde des bâteaux. Il continue à travailler dans ce milieu.

Ellande est depuis longtemps dans le monde de la pelote, il a été pilotari, et maintenant il fabrique des pelotes à Sare.

Maialen était enseignante et maintenant sophrologue. Elle travaille beaucoup avec le chant et je dis souvent qu’elle continue à faire ce que je n’ai pas pu faire à l’époque. Notre plus jeune fils, Eñaut est enseignant au collège de Bayonne et très content.

Je crois que chaque enfant a sa propre personnalité et chacun a fait son chemin. Maintenant, nous avons 9 petits-enfants et je dois dire que c’est vraiment notre rayon de soleil, on en est enchantés.

Quelle est ta chanson préférée du répertoire basque?

J’aimais beaucoup Lurdes Iriondo et Xabier Lete, je trouve que la chanson Errota Zaharra qu’ils chantaient ensemble est magnifique. J’aime aussi les chansons de Manex. Certaines chansons comme Mendiko Borda ou Saldua dena betiko da saldua sont toujours d’actualité, 50 ans plus tard.

Une chanson que tu n’aimes pas du tout?

Je m’excuse auprès des jeunes, mais je trouve que certaines chansons d’aujourd’hui ne sont que bruit.

La tranquillité de la montagne ou l’air maritime de la côte?

Maintenant je me placerais au milieu des deux, j’ai mes souvenirs d’un côté et ma vie d’aujourd’hui de l’autre. Au début, je rentrais tous les week-ends aux Aldudes mais aujourd’hui je me sens bien à Anglet. On a fondé et créé beaucoup de choses ici depuis la naissance des enfants.

Le jambon des Aldudes ou le merlu d’Anglet?

Attention, il y a le jambon de Belaun et celui d’Oteiza… Les produits de là-bas sont bons pour la santé et nous faisons les courses de la semaine au stand de Belaun au marché de Quintaou. Par contre, je ne fais pas très confiance à la qualité des poissons, ils mangent tant de plastique… De toute façon, je n’aime pas particulièrement le poisson. Toutefois, je prépare des conserves de thon chaque année, et du pâté, de la confiture maison…

L’endroit que tu préfères pour parler en euskara?

La maison, sans aucun doute… On parle euskara en famille et avec les amis. Puis, sans le pass Covid, on ne peut pas aller dans les bars alors la réponse est simple.

Quelque chose que tu détestes?

Je n'aime pas le combat, par exemple à la télé, quand les gens se battent dans un film, je ne peux pas regarder.

Quelque chose que tu aimes?

Rester tranquille, chanter, une bonne ambiance…

Un rêve?

Voir un Pays Basque uni, dans lequel nous parlons tous euskara, un pays libre et en paix.


Apprendre à jouer avec les mots, en euskara

Portraits

Apprendre à jouer avec les mots, en euskara

Lur Renteria (1996, Baiona) enseigne le bertsu dans différentes écoles de Lapurdi, elle apprend aux élèves à jouer avec les mots, en euskara. A la veille des vacances d’été, son agenda se remplit de rendez-vous liés à la préparation du festival EHZ et à ses autres engagements militants.

Hâte de troquer la cravate pour le foulard rouge !

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Hâte de troquer la cravate pour le foulard rouge !

Bayonnais de cœur et musicien dans l'âme, Xabier Parrilla Etchart (Bayonne, janvier 1978) nous a accueilli à l’Hôtel de Ville de Bayonne pour nous raconter son quotidien en tant qu'élu municipal. Nous avons parlé politique linguistique et musique en profitant de la vue magnifique depuis le balcon du Roi Léon.

Yogalaia, l'accord parfait corps-esprit-joie

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Yogalaia, l'accord parfait corps-esprit-joie

Alors qu’elle voyageait en Himalaya, un chauffeur de taxi l’a déposée sur le bord de la route. C’est là que Léa Etchegoyhen (1985) a découvert le Yoga. En rentrant au Pays Basque, elle a compris que cette halte imprévue allait chambouler sa vie. En surmontant la peur du changement et en laissant derrière elle son travail de bureau, elle propose des cours au centre Yoga Baiona. C’est là qu’elle nous a accueillis.

A Biarritz on skate en euskara !

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A Biarritz on skate en euskara !

Le labourdin Xan Beheran (Saint-Jean-de-Luz, 1987), a fait de sa passion pour le skate, son métier. Il travaille au skatepark de Biarritz et il a lancé un projet pour lier le skate et l’euskara.

La militance est dans l’ADN des euskaldun

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La militance est dans l’ADN des euskaldun

Comme beaucoup de jeunes du Pays Basque nord, l'itsasuar Ihintza Irungarai (Bayonne 1991) a élu domicile dans le quartier Saint-Esprit de Bayonne. Elle nous a donné rendez-vous dans un bar agréable et nous avons discuté de ses activités et autres enjeux en tant que danseuse et euskaldun.

+ d’animations / - d’écrans !

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+ d’animations / - d’écrans !

Nous avons rencontré Jon Laplace (Bayonne, 1987) au collège Estitxu Robles de Bayonne, casquette sur la tête, ballon à la main. Il est l’éducateur du collège. Il nous a parlé de l’importance des animations pour créer des liens et pour mieux s’entendre entre adolescents et adultes. Il nous a aussi raconté des moments qu’il vit avec le Baiona FC.

AB ou OM? Je suis pour les bleus et blancs !

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AB ou OM? Je suis pour les bleus et blancs !

Plutôt que la compétition entre les sportifs, le jeune journaliste Anthony Michel préfère l’ambiance de l’après-match. Il a laissé les calanques de Marseille pour venir travailler à Bayonne. Puis il est tombé amoureux et a appris l’euskara. Maintenant, on peut l’écouter tous les jours en euskara sur France Bleu.

Chante & danse avec l'Ukraine

Chante & danse avec l'Ukraine

  • 03 Juillet | 14:30 | Bayonne
Stages de basque été 2022

Stages de basque été 2022

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  • Au 15 Juillet
  • Biarritz

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