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PortraitsKEPA AKIXO, ZIGOR

Zigor: "Je suis le fils d’une langue qui a fait un peuple"

Après avoir inauguré son expo, l’artiste Zigor (Aretxabaleta, 1947) nous a accueillis à la porte de la merveilleuse salle Bellevue de Biarritz. Au milieu des œuvres de son exposition EGU ITURRIA, il a pris un moment pour répondre à nos questions, comme dans un voyage poétique.

Euskaraz irakurri

16 Juillet 2021 | ± 08min 12s

Que verront les visiteurs de l’exposition Egu Iturria cet été?

Dans la première salle, la première œuvre est un eguzkilore (fleur séchée du chardon sylvestre Carlina acaulis), et si vous le regardez par-dessous, au milieu d'un petit trou, vous verrez une croix; j'ai voulu montrer comment la mythologie basque a rencontré le christianisme et comment ils ont vécu ensemble, mélangés, en se laissant une place mutuellement. Dans cette première partie, Egu, le plus puissant des deux piliers de la mythologie basque (la lumière et l’obscurité) guide le visiteur. Egu, c’est la résurrection quotidienne, l’espoir quotidien, la vie qui recommence chaque jour, sans cesse, dans l’interminable cycle de la vie. C’est la lumière qui apparaît avant le soleil. Cette lumière nous montre le monde en noir et blanc, et c’est ce que nous avons voulu refléter ici, tout est en noir et blanc, la lumière et l’obscurité s’affrontent.

L’exposition s’organise en deux parties. Dans la première partie, il y a des sculptures et des peintures qui parlent du long voyage de l’être humain, de la création d’une langue, des croyances et du mystère qui entoure tous ces sujets… Dans la deuxième partie, on voit des photos, ainsi que certaines œuvres peintes directement sur les murs. L’exposition Egu Iturria est un voyage poétique qui commence avec les mots et dessins de nos ancêtres qui vivaient dans les grottes, pour suivre les avancées de l’humain. C’est un voyage qui n’est ni scientifique, ni chronologique.

Qui est monsieur Kepa Akixo, derrière l’artiste Zigor?

Je suis né à Aretxabaleta, Gipuzkoa et lorsque j’ai dû partir de chez moi, je suis arrivé à Lapurdi, à Biarritz. Depuis, je vis ici. C’est une ville que j’aime beaucoup même si elle est en train de changer, pas toujours dans le bon sens. Au début, j’étais photographe et un jour, dans les années 80, on m’a demandé de faire le portrait de Remigio Mendiburu, un grand sculpteur basque parti trop tôt. Quand j’ai passé la porte de son atelier, j’ai vu quelqu’un qui travaillait le bois et j’ai eu une révélation, j’ai senti de manière très physique que c’était le chemin que je devais suivre. Un an après, j’ai commencé à sculpter, à dessiner, à colorier, puis j’ai repris l’appareil photo pour prendre des photos différentes… Voilà le parcours de Kepa Akixo qui devient Zigor.

Comment est née l’expo Egu Iturria?

J’avais envie de travailler sur la mythologie depuis longtemps. Il y a un an et demi, la Mairie de Biarritz m’a appelé pour me proposer d’organiser une exposition, j’ai accepté sous condition de le faire sur le thème de la mythologie. Depuis, j’ai commencé à travailler sur ces œuvres, les sculptures en bois, les œuvres en céramique de Goikoetxea, les peintures, les photos… Les personnes qui organisent les expositions de Biarritz sont très douées et professionnelles, ils ont beaucoup de savoirs qu’ils mettent à disposition des artistes.

Tes œuvres interrogent sur la création d’une langue… Le fait d’être basque a-t-il une influence sur ton œuvre?

Justement, je dis dans un texte de cette exposition que je suis le fils d’une langue qui a fait un peuple; toutes les œuvres que vous voyez ici ont été créées à partir de la langue.

C’est la langue qui a façonné mon monde et qui m’a transmis une manière de penser, de voir, de sentir le monde.

Est-ce que les artistes vivent bien au Pays Basque?

On devrait d’abord définir ce que veut dire "bien vivre". Je crois qu’il y a beaucoup d’artistes au Pays Basque mais que nous ne sommes pas tous à l’aise financièrement. Mais c’est vrai que les artistes basques travaillent sans cesse, ils ont tous quelque chose à dire et ce sont souvent des choses intéressantes. Après, beaucoup vivent dans une grande solitude et la société a du mal à sentir la souffrance de cette solitude.

Parles-tu l’euskara depuis petit?

Oui, c’est ma langue maternelle, je l’utilise depuis petit et même dans cette ville de la côte labourdine j’arrive à parler en euskara régulièrement avec mes amis.

Quel est ton endroit préféré pour parler en euskara?

Avant, j’allais souvent au bar de Plaza Berri, mais c’est vrai que Biarritz est en train de changer. Sinon, je parle volontiers en euskara dans mon atelier quand mes amis me rendent visite.

Pour draguer, le plus efficace c’est: parler en euskara ou dire que l’on est artiste?

Difficile de dire lequel des deux a le plus de succès. L’euskara a un charme particulier, mais c’est vrai qu’être artiste est aussi un plus? Alors si on a les deux, on n’est pas mal.

Est-ce que tu t’énerves en euskara?

Oui, je peux m’énerver en euskara, mais quand je suis énervé, j’utilise toutes les langues.

Comment serait le Pays de l’euskara de tes rêves?

J’aime beaucoup la Basse-Navarre, surtout l’intonation de l’euskara; là-bas, mon corps se réchauffe. Ce serait un beau pays pour l’euskara.

Ton rêve?

Que nous restions longtemps euskaldun. Le Pays Basque n’existerait pas sans la langue basque et je veux voir le Pays Basque debout et vivant dans 1000 ans. C’est juste un rêve, mais c’est important de rêver.

Info+ sur l’expo:

https://www.biarritz.fr/les-actualites/actualite/expo-zigor-au-bellevue https://www.eke.eus/eu/agenda/zigor-egu-iturria


La musique m’a conduit à l’euskara

Portraits

La musique m’a conduit à l’euskara

Nous avons trouvé le groupe Willis Drummond à Lekorne, entre les fortes vibrations que procure la musique en direct. Après leur répétition et avant leur concert, le chanteur Jurgi Ekiza (Bayonne, août 1980) a accepté de répondre à nos questions, devant la buvette prévue pour la soirée.

Des deux côtés de l’objectif

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Des deux côtés de l’objectif

C’est sur le vieil ordinateur de son père que Lukas a édité ses premières vidéos quand il était au collège. Depuis, il a toujours gardé un lien avec l’image et Lukas Hiriart (Bayonne, 1998) n’a pas eu de problème à passer d’un côté à l’autre de l’objectif. Il a récemment créé le média BADA avec ses amis, afin de proposer des actualités en euskara sur les réseaux sociaux.

L’euskara roule sur les pistes cyclables

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L’euskara roule sur les pistes cyclables

Aña-Mari Grenié (Biarritz, 1954) est arrivée à vélo en zigzaguant entre les touristes, jusqu’à la plage du Vieux Port. Cette biarrote connaît tous les recoins et les histoires de sa ville sur le bout des doigts. Elle est d’ailleurs une interlocutrice en or pour témoigner les évolutions, positives et négatives des dernières années.

Mikel Amilibia : le couteau suisse

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Mikel Amilibia : le couteau suisse

Vous verrez souvent Mikel Amilibia (Baiona, 1983) dans des fêtes ou sur les terrains de rugby, en famille ou entre amis. Ce père de famille d’Arrangoitze nous a parlé de ses passions et de son travail sur les tribunes d’Aguilera.

La musique, vecteur d’émotions et de langues

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La musique, vecteur d’émotions et de langues

Dans la grande famille des artistes basques, nous retrouvons le nom Robles Aranguis écrit en rouge et en grand. Naia Robles (1968 Baiona) a grandi entourée de musiciens et de chanteurs et est souvent montée sur scène accompagnée de sa famille. Nous nous sommes retrouvés dans le jardin botanique de Baiona pour parler de transmission, de musique et d’amour.

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L’euskara, le meilleur des chocolats

Il y a quelques années, le chocolatier Florian Benac (Bègles, 1985) ne connaissait rien sur le chocolat, ni sur l’euskara, ni sur la chocolaterie Cazenave dans laquelle il travaille aujourd’hui. Par amour, il est arrivé en Labourd en 2014 et il est vite devenu le plus doux des chocolatiers. Il nous a proposé une visite guidée à l’odeur chocolatée dans le laboratoire de Bayonne.

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