"Un évènement qui va bien au-delà d'AEK"
A l'occasion de la 22ème édition de la course Korrika en faveur de la langue basque, nous avons rencontré Ihintz Oliden, la coordinatrice d'AEK Iparralde (association organisatrice de la Korrika, qui dispense des cours de basque pour adultes). Nous avons notamment discuté de son travail, de ce grand rendez-vous qui touche l'ensemble du Pays Basque et de la situation d'AEK.
7 Mars 2022 | ± 07 min 06 s
Qui es-tu et quel est ton parcours?
Je suis Ihintz Oliden, la nouvelle coordinatrice d'AEK au Pays Basque nord. J'ai vécu à Belfast pendant 23 ans et j'ai intégré ce poste quand je suis retournée au Pays Basque, l'année dernière.
Qu'est-ce qui t'a le plus supris dans ton travail? Quels sont les difficultés de ton poste?
Vu de l'extérieur, l'association AEK semble assez petite; mais une fois à l'intérieur, on se rend compte que c'est une très grande structure. Il y a beaucoup de travail. De plus, c'est vrai que le nombre de Gau eskola (centres d'apprentissage) a très vite augmenté, donc il y a de plus en plus d'élèves et de nouveaux besoins en matière de salles ou d'enseignants. Tout cela peut créer des difficultés financières.
Cette année, au Pays Basque nord, il y a 1200 apprenants dans les gau eskola. Si on compte également la formation professionnelle, je dirais qu'ils sont 1500. Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, les inscriptions sont en augmentation depuis la pandémie.
Peux-tu nous expliquer ce qu'est la Korrika?
La Korrika est une course en faveur de l'euskara, qui traverse le Pays Basque en 11 jours, jour et nuit, sans s'arrêter.
L'édition de cette année démarrera d'Amurrio en Araba le 31 mars et se terminera à Donostia, en Gipuzkoa le 10 avril. Elle passera deux fois par le Pays Basque nord: le 4 avril, elle passera en Soule et en Basse-Navarre; et le 9 avril, elle reviendra par Ibardin pour ensuite aller vers Donostia en traversant le pont Santiago qui relie le Pays Basque nord et sud entre Hendaia et Irun.
En ce qui concerne l'organisation, je ne peux pas vous dire combien de bénévoles participeront, il y a déjà des comités d'organisation dans tous les villages. En fin de compte, la Korrika n'appartient pas à AEK, mais à tout le Pays Basque, c'est un mouvement populaire.
Quels sont les objectifs de ce rendez-vous?
Donner de la visibilité, de la présence à l'euskara et motiver les bascophones. C'est aussi l'occasion de faire connaître les cours du soir et de booster un peu les inscriptions. La Korrika nous permet aussi de faire un point avec les institutions, sur leurs engagements et leurs actions en direction de l'euskara. Enfin, cette course constitue une collecte de fonds indispensable pour AEK, pour aider les Gau Eskola dans leur travail quotidien.
L'année dernière, à la place de la traditionnelle Korrika, vous aviez organisé des évènements dans les villages, quel bilan en avez-vous fait?
On ne peut pas dire que nous avons célébré la Korrika l'année dernière, car c'est quand-même un rendez-vous très particulier avec un format propre. Mais pour combler ce vide, nous avons décidé d'organiser plus de 80 évènements avec trois objectifs: se retrouver après des périodes de confinement, garder le lien avec les institutions et collecter des fonds.
Peux-tu nous expliquer le slogan de cette année, "Hitzekin"?
"Hitz" signifie "mot" et "ekin" c'est "agir". On veut souligner l'importance de l'action en faveur de l'euskara, qu'il faut passer des paroles aux actes, c'est le moment d'agir. L'idée, c'est également d'interpeler les institutions pour qu'elles respectent leurs engagements.
Que dirais-tu à ceux qui hésitent encore à participer à la Korrika?
Que c'est un moment spécial, que c'est le plus gros évènement qui se fait en faveur de l'euskara et qu'il y a une super ambiance. Et pour celles et ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas courir, je vous conseille quand-même de venir voir!
As-tu une anecdote liée à la Korrika?
Mes souvenirs en lien avec la Korrika datent un peu, puisque j'ai vécu à l'étranger donc j'ai suivi la Korrika de loin; mais je me souviens de la Korrika de mes 8 ans, parce que je courais dans les environs du Conservatoire de Bayonne et je suis tombée et j'ai troué mon pantalon.
Est-ce qu'en tant que coordinatrice tu auras la possibilité de participer à la course?
J'espère pouvoir courir au moins un kilomètre, mais à vrai dire je ne sais pas encore si je pourrai me libérer. Ce qui est sër, c'est que je serais dans l'équipe du camion, mais nous n'avons pas encore tout défini. Par ailleurs, les cours de la formation professionnelle continueront même pendant la Korrika et certains enseignants seront très occupés. Il y aura beaucoup de travail.
Quel est le profil des adultes qui apprennent l'euskara?
Il y a tous les profils, c'est très hétérogène. Dans les gau eskola il y a des jeunes, des retraités, des étudiants, des travailleurs (qui ont beaucoup de mérite, car ce n'est pas facile d'aller en cours deux fois par semaine quand on travaille). Des nouveaux arrivants, des personnes qui parlaient basque quand ils étaients petits mais qui l'ont perdu? Puis, nous avons la formation professionnelle: ce sont des gens qui utiliseront l'euskara dans leur travail, qui souhaitent se reconvertir ou qui sont sans emploi.



























