A propos de la vitalité de la langue basque en Pays Basque Nord
26 Janvier 2012 | ± 05 min 30 s
En 2003, un groupe d'experts spécial de l'UNESCO sur les langues en danger a présenté un rapport intitulé Vitalité et Disparition des Langues. Les objectifs de ce texte étaient de définir le degré d'érosion des langues et d'établir les critères d'évaluation du risque de disparition.
Dans la dernière version de son Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde, l'UNESCO à nouveau place le basque dans la liste des 2 500 langues en danger. Voici quelle est la classification en cinq niveaux du danger: '"vulnérable '", '"en danger '", '"sérieusement en danger '", '"en situation critique '" et '"éteinte '". La langue basque, même si elle a amélioré sa position, est vulnérable selon l'UNESCO et elle est encore en situation de faiblesse. Cependant, la situation du basque est beaucoup plus grave en Pays Basque Nord.
Quels sont les neuf facteurs que le groupe d'experts avaient définis:
'• Transmission de la langue d'une génération à l'autre.
'• Nombre absolu de locuteurs.
'• Taux de locuteurs sur l'ensemble de la population.
'• Utilisation de la langue dans les différents domaines publics et privés.
'• Réaction face aux nouveaux domaines et médias.
'• Matériels d'apprentissage et d'enseignement des langues.
'• Attitudes et politiques linguistiques au niveau du gouvernement et des institutions; usage et statut officiels.
'• Attitude des membres de la communauté vis-à-vis de leur propre langue.
'• Type et qualité de la documentation.
Chaque facteur est évalué dans une échelle de six niveaux, selon la langue qui est étudiée. Le niveau six est le meilleur, le un le plus mauvais. En examinant les neuf facteurs, voyons brièvement pourquoi la situation de la langue basque est mauvaise en Pays Basque Nord. Evidemment ce petit rapport-ci mériterait de plus longues explications voir cet exemple.
'• En Pays Basque Nord la transmission familiale de la langue d'une génération à l'autre est très faible. Ce serait le niveau deux, '"sérieusement en danger '".
'• Le nombre absolu de locuteurs est bas, 51 8800 locuteurs bilingues parmi les 16 ans et plus (4éme Enquête sociolinguistique 2006). Selon ce facteur, ce serait le niveau trois, '"en danger '".
'• Taux de locuteurs sur l'ensemble de la population. On compte 22,5% de bilingues et 8,6% de bilingues réceptifs. En 1996, selon l'enquête ils étaient 26,4% de bilingues. Donc nous dirions que c'est le niveau deux, '"sérieusement en danger '".
'• Utilisation de la langue dans les différents domaines publics et privés. Ici nous sommes au niveau deux, '"domaines limités '". En effet le basque pénètre un peu dans la vie publique, mais il perd du terrain dans la vie privée.
'• Réaction face aux nouveaux domaines et médias. GrÀ¢ce à l'aide du Pays Basque Sud et au travail des associations, nous dirions que nous sommes au niveau trois, '"réceptive '".
'• Matériels d'apprentissage et d'enseignement des langues. La situation est meilleure dans ce domaine, le basque serait niveau quatre en Pays Basque Nord grÀ¢ce entre autres au travail du centre pédagogique Ikas.
'• Attitudes et politiques linguistiques au niveau du gouvernement et des institutions - usage et statut officiels. Il y a une amélioration avec la nouvelle politique publique, mais le niveau est bas, trois.
'• Attitude des membres de la communauté vis - à - vis de leur propre langue. C'est la même chose, niveau trois.
'• Le type et la qualité de la documentation n'est pas aussi importante que d'autres facteurs. Le niveau est bon, cinq.
Au total, selon l'UNESCO, la langue basque est '"vulnérable '" en Pays Basque Sud. Au Nord, nous pouvons dire qu'elle est '"sérieusement en danger '", même si sa situation est en train de s'améliorer.
Jean-Baptiste Battittu Coyos
Linguiste
http://www.gipuzkoaeuskara.net/























