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Vivre en basque

'"Il faut opérer une montée en puissance de la politique publique de l'’euskara '"

Euskaraz irakurri

29 Octobre 2013 | MAIALEN ETCHEVERRY | ± 06 min 27 s

2014 sera une année particulière pour l'’action en direction de l'’euskara à Biarritz, avec un embouteillage de différentes échéances: Arrivée à terme de la convention OPLB/Ville de Biarritz en février, changement de maire en mars et fin de contrat du chargé de mission en avril.

Raisons suffisantes pour revenir sur 20 ans d'’actions, avec Maialen ETCHEVERRY, adjointe au Maire déléguée à l'’euskara.

Depuis près de 20 ans, la Ville de Biarritz mène une politique volontariste en matière de langue basque. Quel bilan dressez-vous?

6 ans après la création du Bureau de la langue basque et de la fonction d'’adjoint, globalement le bilan est positif. Il s'’appuie, par ailleurs, sur des années de travail des élus abertzale avec des acquisitions phares. Dans la mesure où 2014 sera une année charnière pour nous, il est important de faire un bilan, une autocritique pourquoi pas et de faire des propositions concrètes pour l'’avenir.

Si on regarde les effectifs scolaires, le nombre d'’adultes apprenant le basque, les animations linguistiques proposées tout au long de l'’année, le dynamisme associatif, les outils créés'… on voit l'’ampleur du chemin parcouru (cf. encadré). L'’enjeu de la défense de l'’euskara est largement partagé au sein de la population; c'’est déjà un grand pas selon moi.

Ceci étant, le chemin de la normalisation et de la réappropriation est encore long: transmission familiale faible, paysage linguistique essentiellement francophone, stéréotypes persistants, freins à l'’utilisation du basque dans la vie publique.

Vous parlez de limites. Vous pouvez préciser?

En matière de langue basque, beaucoup de choses ont été faites en 20 ans, certes, mais certaines choses n'’ont pas été faites. On observe par ailleurs des limites humaines, financières et structurelles.

Le projet linguistique est une notion toute nouvelle à intégrer dans une administration. Elle demande une adaptation des services et un effort de compréhension en leur sein. L'’enjeu de la réappropriation de la langue doit être partagé par toutes les familles de pensée politique, et porté par les différents services. Ce n'’est pas le monopole d'’un clan ou d'’un Bureau.

En ce qui nous concerne, après 6 ans d'’activités, on arrive à la conclusion suivante: pour mettre en 'œuvre une politique publique efficace, il faut à la fois des moyens supplémentaires (humains, budgétaires, '…) et une transversalité des actions. En somme, des outils adaptés ont été mis en place; il manque les moyens pour les rendre performants.

Sur quels principes reposerait cette nouvelle politique linguistique?

Nous sommes en période de bilan, que nous devrons partager avec l'’Office Public de la Langue Basque, mais aussi en interne au sein du Comité de Pilotage. Les nouveaux engagements se définiront prochainement.

Mais l'’objectif est clair et vital: la réappropriation de la langue basque. Cette langue millénaire et actuelle à la fois, c'’est une richesse qu'’il nous faut transmettre aux générations futures.

Parler de freins nous amène donc à définir les principes d'’une politique linguistique ambitieuse. Elle repose à mon sens essentiellement sur des notions de transversalité, de globalité et de transmission.

Transversalité car l'’enjeu linguistique doit être porté et partagé par tous. Globalité car les actions en direction de l'’euskara doivent être visibles par tous et s'’adresser à tous (pas uniquement aux seuls bascophones ou défenseurs).

Enfin, la transmission de la langue, de la mémoire collective est davantage un devoir familial mais l'’administration que nous représentons doit la soutenir à chaque fois que l'’occasion se présente.

Mais alors, quels outils pour mettre en 'œuvre cette montée en puissance?

Globalement, il faut opérer une montée en puissance de la politique publique de l'’euskara, avec des outils adaptés et des moyens pour les rendre performants. Tous les contours sont à définir, mais cela doit reposer à mon avis sur un Service '"langue basque '", aux moyens renforcés et aux compétences élargies.

A partir de là, tout reste à construire: le budget, le nombre d'’agents, les missions, les compétences, les premières mesures, les initiatives innovantes, '… GrÀ¢ce au recul de ces quelques années et notre travail au contact des acteurs du terrain, nous avons des idées précises pour les années à venir. A nous de continuer à les partager avec le plus grand nombre. Nous nous tenons prêts, le défi est de taille.


hari@
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