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PortraitsEKHI ERREMUNDEGI

Ekhi, l'euskara fait la une

Sur une terrasse près des bureaux du journal Berria à Bayonne, nous avons retrouvé Ekhi Erremundegi (Baiona 1989), profitant du soleil d'automne et de l'ambiance paisible d'entre deux confinements. Exceptionnellement pour Mintzalasai, on a inversé les rôles et il a répondu à notre interview.

Euskaraz irakurri

27 Novembre 2020 | ± 07 min 42 s

Parlons de ton parcours: tu es passé du micro au stylo.

J'avais commencé à Euskal Irratiak (radios bascophones) quand j'avais dix-sept ans. Je m'intéressais au journalisme et j'avais profité des stages du lycée pour découvrir les différents métiers du journalisme. Ma première expérience avait été donc à Gure Irratia. J'avais eu un coup de cÅ“ur pour ce métier, alors ils m'avaient proposé de continuer avec une sorte de stage l'été. Après mes études, ils m'avaient proposé un poste à la radio: j'avais tout appris sur le tas, notamment avec des collègues comme Mattin Larzabal.

D'autre part, nous avions essayé de lancer le projet de communication ehKz, qui était tombé à l'eau mais qui nous avait permis d'apprendre beaucoup de choses, notamment ce qu'il ne fallait pas faire. Ensuite, j'ai intégré le journal Berria il y a cinq ans, et je fais partie de la rédaction de Baiona.

Quel est le quotidien d'un journaliste?

Je ne sais pas si c'est le cas de tout le monde, mais pour moi c'est le stress, car c'est ma manière d'être. Nous avons beaucoup de choses à raconter. Ici nous traitons tous les sujets du Pays Basque nord, il y en a beaucoup, et il faut connaître à peu près tout. Mais c'est intéressant. Les médias bascophones ont peu de ressources, même si nous avons le soutien des institutions, ce n'est pas assez. Dans l'équipe de Baiona nous sommes quatre, et nous avons deux autres collègues qui travaillent de Xiberoa et Behe Nafarroa, afin de couvrir tout le territoire.

Tu viens aussi du monde du bertsu.

Je m'étais éloigné du monde de bertsu il y a quelques années, et depuis j'ai eu envie d'y retourner mais je n'ai pas encore fait le pas. Je considère que je devrais avoir un minimum de niveau pour retourner sur scène, ce qui demande un travail régulier, et c'est très difficile avec mon rythme de vie actuel. Mais j'aimerais reprendre oui.

Qu'aimes-tu le plus dansle journalisme?

L'actualité politique. J'aime beaucoup interviewer les représentants des institutions par exemple, pour dépasser les discours préconstruits et pour arriver au plus profond de leurs pensées, avec des questions un peu provocantes parfois. C'est ce qui me procure l'adrénaline, comme quand je couvre des mobilisations. Par contre, je n'aime pas spécialement analyser les données économiques.

Une interview inoubliable?

Ce n'est pas facile d'en choisir une. J'en soulignerais trois. La dernière, c'est Mikel Iribarren, le nouveau Maire d'Itsasu car j'ai trouvé son discours et sa posture très intéressants et surtout sa franchise, qui a totalement disparu dans le monde politique institutionnel. Après il y a le reportage que j'avais fait il y a environ deux ans, sur les migrants. Nous avions organisé une table ronde avec trois migrants qui venaient d'arriver à Baiona, pour qu'ils nous racontent leur expérience. Je me souviens de la crudité de leur témoignage qu'ils racontaient malgré tout avec un ton positif. Dans le même genre, il y a les interviews que nous avions faites au sujet des alcooliques anonymes. Ce choc avec la réalité avait été très enrichissant, découvrir ces réalités que nous ne connaissons pas, et que nous voyons souvent d'un mauvais Å“il.

Parles-tu euskara depuis petit?

Oui, j'ai appris le français à l'ikastola. Mes parents et mon entourage m'avaient transmis l'euskara, je n'ai pas connu d'autre langue. Je ne pourrais pas imaginer ma vie sans l'euskara, ce ne serait pas moi. Cet attachement, mes parents me l'ont transmis depuis tout petit, à travers la culture. C'est notre responsabilité de protéger la langue.

Que ferais-tu pour accroître la pratique de l'euskara?

Un apprentissage massif est nécessaire partout en Euskal Herri, et pour cela il faut des moyens. Que ce soit pour les enfants ou les adultes, il faut donner de la visibilité à l'euskara dans tous les domaines. Si nous voulons que les gens utilisent l'euskara, la langue doit être vivante, visible, nous devons assurer sa présence partout.

Il faut une réponse globale, une force militante également pour faire bouger les institutions; il faut une volonté politique, que ce qui peut être fait soit fait.

réponse globale: un travail a été commencé dans les institutions, nécessaire mais pas suffisant; il y a une volonté politique, mais il faut la force militante pour pousser les institutions à faire davantage, jusqu'à dépasser le cadre légal actuel.

En moyenne, combien utilises-tu l'euskara dans ton quotidien?

Le 99% du temps.

Un endroit sympa pour passer un bon moment en euskara?

Je suis très content de la direction prise par l'association Epaiska. C'est un véritable arnasgune à Baiona (un endroit où on parle euskara naturellement) pour la langue et la culture; à travers des conférences, des concerts ou autre. C'est un endroit où on se sent bien tous les weekends.

Quelque chose que tu détestes?

La fausseté, les relations de pouvoir, l'autorité.

Quelque chose que tu aimes?

L'amitié, le militantisme, car pour moi les deux sont liés.

Comment serait le pays de l'euskara de tes rêves?

Un Euskal Herri qui n'a pas à réfléchir comment serait le pays de l'euskara; donc un Euskal Herri qui vit en euskara naturellement tous les jours.

Un rêve?

Un Euskal Herri libre et euskaldun (bascophone).


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Le basque est la boussole sur mon parcours

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De Pampelune à Biarritz, de Beriain au lac Marion, Enrike Lopez (1964, Pau) a d'abord appris la langue basque entouré de ses amis. Ce n'est qu'à son arrivée sur la côte labourdine qu'il décide de se former afin de pouvoir enseigner l'euskara au sein d'AEK. Depuis, à Biarritz, la liste des élèves qui découvrent notre langue mais aussi l'identité de ce pays grÀ¢ce à Enrike ne fait que s'allonger.