PortraitsMIKEL AMILIBIA
Mikel Amilibia: le couteau suisse
Vous verrez souvent Mikel Amilibia (Baiona, 1983) dans des fêtes ou sur les terrains de rugby, en famille ou entre amis. Ce père de famille d'Arrangoitze nous a parlé de ses passions et de son travail sur les tribunes d'Aguilera.
1 Octobre 2021 | ± 07 min 47 s
Chef d'entreprise, speaker du Biarritz Olympique, chanteur, sapeur-pompier? Tu es sër d'être le seul Mikel Amilibia?
Oui, c'est moi, mais je crois que j'ai 10 vies? Je suis supporter du B.O alors je commente les parties en euskara avec un autre speaker car c'est le souhait du président. En tant que chef d'entreprise, j'ai deux activités: je propose des animations pour tous les À¢ges (j'installe des jeux gonflables, des trampolines, des murs d'escalade? dans différentes fêtes). Mais j'ai aussi créé la marque Potta et je vends des savons et des bonbons fabriqués à partir de lait de pottok.
De plus, je suis sapeur-pompier volontaire à la caserne d'Anglet et je chante avec un groupe d'Arrangoitze. Je chantais souvent avec mes amis du rugby aussi, mais sans vraiment connaître les paroles. Alors, nous avons décidé de nous réunir tous les lundis pour apprendre les paroles et pour chanter sans lire. Plutôt que chanteur, je dirais que je suis fan de chant. Je ne suis pas du genre à traîner sur le canapé, je préfère faire ce que j'aime et le faire du mieux que je peux.
Je rêve d'une équipe de rugby basque plus puissante, qui surmonterait les séparations, comme l'équipe Munster en Irlande par exemple.
Quelle est la première chose que tu dis en te présentant?
Je suis un couteau suisse: un couteau capable de faire différentes choses. Tu ne l'as pas dit, mais je suis aussi père de deux enfants, et ça prend beaucoup de temps mais il est important de prendre ce temps, le plus important sans doute.
Parles-tu euskara depuis que tu es petit?
Oui, j'ai appris l'euskara à la maison avec mon père et ma grand-mère. Ma mère est française alors j'ai grandi avec les deux langues. Je suis allé à l'Ikastola jusqu'à la troisième au collège de Kanbo. Ensuite, je suis allé au lycée agricole d'Hasparren et j'y ai retrouvé des amis de l'Ikastola, nous y avons passé de bons moments.
Avec mes enfants je parle toujours en euskara. C'est ce que j'ai vécu dans ma famille car mon père ne me parlait jamais en français. Je reproduis la même chose.
Dans ma famille, l'euskara a toujours eu une place centrale et pour moi, l'euskara n'est pas un outil, c'est une partie de mon identité.
Comment s'est construit ce grand puzzle qu'est ta vie?
Après mes études, j'ai fait un voyage en Argentine avec mes amis de l'Ikastola et au retour, j'ai commencé à proposer des randonnées en pottok autour du lac de Senpere. Puis, j'ai étendu ma proposition aux fêtes des villages et une fois, un membre d'un comité m'a demandé si j'avais des jeux gonflables. Aujourd'hui j'ai beaucoup de matériel et je participe à beaucoup de fêtes du Pays Basque.
Est-ce facile d'être euskaldun à Arrangoitze?
Non, on n'entend pas beaucoup l'euskara à Arrangoitze. On propose des animations avec l'Ikastola mais ce n'est pas toujours facile.
Et aux alentours du stade du B.O?
Je dirais que le B.O facilite le fait de parler en euskara. Ce sont ses dirigeants qui, au-delà de toute considération, ont décidé d'intégrer l'euskara et qui ont toujours répondu favorablement à mes demandes de visibilisation de la langue.
Dans la ligue de l'euskara, qui est le vainqueur, l'A.B ou le B.O?
Il n'y a pas vraiment de concurrence, à Baiona, tous les commentaires des matchs sont en français? Kasu, je n'ai rien contre Baiona et j'étais très content d'écouter les commentaires de Xexili, c'était réjouissant pour tout le monde. Mais depuis que Xexili a laissé le micro, l'euskara a disparu de Jean Dauger et c'est bien dommage.
Ton endroit préféré pour passer un bon moment en euskara?
Je passe beaucoup de temps en euskara avec mes enfants, on aime bien se promener autour du lac Marion. On fait aussi du vélo au bord de la Nive entre Basusarri et Baiona.
Participes-tu au festival Mintzalasai?
Oui, ils m'appellent tous les ans et je participe avec grand plaisir en proposant du matériel de jeux et en passant un bon moment au lac Marion. Nous participons aussi au Glisseguna organisé par Seaska.
Quelque chose que tu détestes?
Je ne déteste pas beaucoup de choses? Peut-être les À¢neries que certaines personnes disent à propos de l'euskara, par exemple l'attaque de l'Etat français contre l'enseignement en immersion. Ici, avant de parler français, on parlait en euskara et maintenant le français prend le dessus. Voilà ce que je déteste.
Quelque chose que tu aimes?
J'aime faire la fête, c'est mon oxygène. Je travaille beaucoup donc c'est vrai que la fête me fait du bien. J'aime aussi passer du temps avec mes enfants.
Une anecdote liée à l'euskara?
Quand j'étais au lycée agricole d'Hasparren, j'étais le seul bascophone de la classe et mes camarades se moquaient de moi, ils m'appelaient "le basque". Dix ans plus tard, j'ai revu ces camarades en train de vendre des talos à Herri Urrats ou en train de travailler pour l'Ikastola de leurs enfants et je ne peux pas m'empêcher de sourire, en pensant que c'est un beau parcours de vie.
Un de tes rêves?
Vu que nous sommes à Aguilera, je dirais que je rêve d'une équipe de rugby basque plus puissante, qui surmonterait les séparations, comme l'équipe Munster en Irlande par exemple.

























