PortraitsXAN BEHERAN
A Biarritz on skate en euskara!
Le labourdin Xan Beheran (Saint-Jean-de-Luz, 1987), a fait de sa passion pour le skate, son métier. Il travaille au skatepark de Biarritz et il a lancé un projet pour lier le skate et l'euskara.
29 Avril 2022 | ± 07 min 38 s
Tu travailles sur un skate. Un métier de rêve pour beaucoupde gens?
Oui, c'est ainsi. Même s'il y a des aspects moins amusants comme dans partout, c'est un vrai plaisir de se lever le matin pour faire le travail que l'on aime. L'association de skate de Biarritz existe depuis 2002, mais au début, ils étaient dans un bÀ¢timent très ancien. Le skatepark actuel a été construit en 2017 et maintenant, nous travaillons avec des gens d'horizons très différents. Il y a beaucoup de formations, il y a des skateurs de haut niveau, des profs de skate. C'est vrai que ce nouveau skatepark a beaucoup de succès.
Comment es-tu arrivé ici?
Je suis de Saint-Jean-de-Luz et j'ai commencé le skate très jeune, puis j'ai eu la chance de participer à des compétitions de haut niveau. L'ambiance était très bonne et les compétitions étaient comme des fêtes. J'ai eu la possibilité de voyager, j'ai été en Australie ou dans différents pays d'Europe, ce qui m'a permis de rencontrer beaucoup de gens. Maintenant, je dirais que le skate devient de plus en plus professionnel, l'ambiance est plus sérieuse.
Ensuite, j'ai eu un diplôme dans le domaine du sport et pendant quatre ans j'ai donné des cours de skate dans les écoles. Il y a trois ans, j'ai commencé à travailler au skatepark de Biarritz.
Quel est le public qui vient au skatepark?
Il y a des collégiens qui viennent pour apprendre ou améliorer leur technique de glisse. Au sein du club, nous avons 300 membres et chaque année, nous accueillons 2000 personnes. Nous avons différents profils de sportifs, allant des débutants aux plus hauts niveaux, de 4 à 65 ans, nous sommes ouverts à tous. Les jeunes du championnat régional s'entrainent ici, mais il y a aussi celles et ceux qui viennent passer un bon moment entre copains?
Il y a vraiment tous les profils et on est ouverts à tout le monde.
Tu as un projet pour motiver les enfants à parler en euskara dans le domaine du skate.
Je suis en train de monter un projet en direction des classes de l'ikastola et des écoles bilingues. Nous savons que dans les classes bilingues, le nombre d'enfants chute très nettement à l'entrée du collège, passant de 52 % à 19 %. Mon idée, c'est d'ouvrir une section skate en euskara en sixième, pour que les jeunes aient une motivation supplémentaire pour rester dans la filière bilingue. J'ai créé un Padlet en ligne sur cette thématique en euskara; afin que les professeurs puissent travailler sur le skateen classe: l'histoire du skate, le vocabulaire, les verbes, les émotions, les protections, l'architecture d'un skatepark, etc. Après avoir étudié et intégré ce vocabulaire et ces informations, le but c'est que les enfants les utilisent pour parler en euskara entre amis. Pour le moment je n'ai créé le Padlet qu'en euskara, mais je compte aussi le faire en français pour l'utiliser dans les autres écoles publiques.
Cette année, nous avons une classe pilote au collège FAL, puis nous adapterons le programme pour l'appliquer également à d'autres collèges.
Le skate est-il un outil efficace pour susciter l'intérêt des jeunes?
En tout cas, lorsque j'ai présenté le projet aux professeurs du collège FAL, ils se sont montrés très intéressés depuis le début, parce qu'ils cherchent toujours de nouveaux outils qui intéresseraient les enfants. Ce projet peut être efficace parce que les enfants apprennent du vocabulaire, de nouvelles choses, mais c'est aussi bénéfique au niveau de la motricité.
En ce qui concerne la pratique de la langue, c'est vrai qu'au début ce n'était qu'une petite minorité qui parlait en basque entre eux ou avec moi. Mais petit à petit, c'est en train de devenir une habitude et je crois qu'on parle de plus en plus en euskara.
Le skate peut être un outil de plus pour faire du sport en euskara.
Quels sont les qualités d'un bon skateur?
C'est sër qu'il faut avoir du bon matériel, et une tête dure. Il ne faut pas avoir peur des blessures? Je ne sais pas combien de fois je me suis blessé. Il ne faut pas avoir peur.
Que fais-tu quand tu ne skates pas?
Avant je faisais du skate pour me changer les idées, mais maintenant c'est vrai que je préfère aller à la montagne, faire du surf, jouer à la pelote avec mes amis. J'aime pratiquer d'autres sports.
Parles-tu euskara depuis que tu es petit?
J'ai appris l'euskara à la maison et à l'ikastola. Je parle en euskara à la maison et avec mes amis, et parfois au travail.
Dirais-tu que le skate est répandu au Pays Basque?
Il y a des liens entre les différents groupes du Pays Basque, comme Bilbo, Algorta? Et on se connaît entre skateurs, on a une très bonne ambiance. C'est vrai que le skatepark de Biarritz est assez connu au niveau international et vu que l'on est une association, notre priorité ce n'est pas l'argent, ça change tout.
Ton endroit préféré pour parler en euskara?
La place de Ciboure. Je dirais que c'est un des endroits qui ont su garder leur À¢me sur la côte basque.
Quelque chose que tu détestes?
L'hypocrisie.
Quelque chose que tu aimes?
L'honnêteté.
Un rêve?
Vivre heureux et bonne santé, tout simplement.

























