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Actu de l'euskara #euskarazbizi #vivreenbasque

Bertrand, euskara is fun!

Bertrand Aupetit-Durand (Biarritz 1976) avait pris la décision d’apprendre l’euskara en sortant d’un concert de Negu Gorriak. Quelques années plus tard, et après une formation intensive, ce joyeux infirmier et euskaldun berri d’Anglet a franchi le pas et parle euskara au quotidien.

Euskaraz irakurri

23 Octobre 2020

Quand et pourquoi as-tu décidé d’apprendre l’euskara?

J’avais commencé il y a trois ans. Je suis infirmier, et au travail, on m’a proposé une formation de 7 mois pour apprendre l’euskara. Je ne suis pas bascophone mais je suis d’ici, alors pour moi c’est logique de parler en euskara, tout simplement parce que j’habite ici. J’ai eu la chance d’apprendre la langue.

Combien de temps a duré ton apprentissage?

C’était une formation intensive de sept mois, cinq jours par semaine, durant les heures de travail. Je dois avouer que ça n’a pas toujours été facile, mais nous étions un bon groupe et avions de très bons professeurs. Pour moi c’est plus difficile de l’apprendre à la Gau Eskola (cours du soir), après la journée de travail, en hiver, etc. Même si ce n’est pas toujours facile, la formation intensive est la plus adaptée pour moi.

Qu’est-ce-que t’a apporté l’euskara?

Je suis de Biarritz et avant, quand j’entendais quelqu’un parler en euskara dans la rue, je me demandais "Qu’est-ce que c’est "Euskal Herria"? Pourquoi parlent-ils une langue différente?"… Puis, au lycée, j’étais allé voir un concert de Negu Gorriak à Baiona et j’avais vu un flyer en euskara et en français qui disait "de la Zup à Baigorri, nous sommes tous basques!". Cette phrase avait résonné en moi. Quand notre fille est née, nous l’avons inscrite à Kimua ikastola, et là aussi quelque chose s’est passé. L’euskara m’a donné envie de participer au projet d’Euskal Herria. Un monde différent est possible et nous voudrions participer dans sa construction, moi, ma compagne et nos filles. Nous voudrions changer quelque chose.

L’euskara sert pour draguer?

J’ai commencé à l’apprendre un peu tard pour essayer. A l’époque où je draguais, je ne parlais pas encore euskara! Mais je pense que ça peut être une bonne chose pour les jeunes.

Et pour se fâcher?

Quand j’étais petit, aita (mon père) utilisait quelques gros mots en euskara et je ne comprenais rien. Pour moi c’est plus facile de le faire en français.

Utilises-tu beaucoup l’euskara aujourd’hui?

Depuis que je travaille à Donibane Lohizune (Saint-Jean-de-Luz), je le parle tous les jours, beaucoup plus qu’à Baiona ou à Biarritz. C’est difficile de l’utiliser avec ma fille aînée, parce que nous avons toujours parlé en français, mais je crois que depuis qu’elle est au collège, c’est en train de changer. Par contre avec ma fille de 6 ans, nous parlons parfois en euskara et pour elle c’est normal d’utiliser les deux langues avec moi.

Est-ce facile d’être euskaldun berri (apprenant) à Angelu?

A l’Ikastola c’est assez facile, heureusement. Par contre, dans la rue, dans les commerces… c’est beaucoup plus difficile. Il m’est arrivé de parler en euskara avec ma fille et que les gens nous demandent quelle est cette langue bizarre! Nous devons faire des efforts pour parler en euskara partout et toujours.

En tant qu’infirmier, est-ce important de parler en euskara?

Oui, très important. Par exemple, un jour j’ai parlé en euskara à un patient qui venait toutes les semaines, et il a été très content, une complicité est née entre nous. La relation change quand un patient apprend que l’on parle euskara.

D’après ton expérience, que faudrait-il faire en faveur de l’euskara?

Je crois que c’est un sujet politique. Ce qui s’est passé avec l’école d’Hiriburu (Saint-Pierre-d’Irube) montre clairement qu’ici il y a une volonté de développer l’euskara et qu’en face, le gouvernement de Paris bloque tout. Les bascophones devons faire des efforts pour utiliser la langue, surtout sur la côte.

Nous voudrions faire encore plus de choses, mais les institutions doivent aussi nous aider avec des politiques linguistiques, sinon c’est très difficile.

Que dirais-tu à un proche pour qu’il apprenne le basque?

"Viens l’apprendre, c’est amusant et tu te sentiras mieux". L’euskara, ce n’est pas qu’une langue, c’est beaucoup plus profond que ça. C’est important pour nos enfants, et l’euskara c’est fun, tout simplement.

Que dirais-tu à un étranger qui ne connait ni l’euskara ni Euskal Herria?

Qu’il découvrira un monde différent, un point de vue différent. Pour connaître le Pays Basque, il faut passer par la langue. On n’est ni en France, ni en Espagne, on est au Pays Basque et on parle euskara.

As-tu une anecdote liée à la langue?

Un matin, ma fille cadette m’a dit au réveil: "Egun on, aita" (bonjour papa). Et là j’ai ressenti beaucoup de joie. Je me suis rendu compte que quelque chose a changé. Ce n’est pas toujours facile de parler en euskara, mais heureusement, de temps en temps, il y a ce genre de moments. J’étais très content.

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